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Publié par Franz

© Franz Photos.

© Franz Photos.

En tant que photographe tu utilises certainement un ordinateur portable, tu as donc pu observer qu’à l’instar des focales photo, le modèle parfait qui couvre tous les besoins dans toutes les situations n’existe pas. En effet :

  • sur le terrain, un laptop doit être léger, de bonne facture et avec une grosse autonomie,
  • à la maison il doit offrir une nombreuse connectique et de bonnes performances,
  • en clientèle, c’est un grand écran lumineux qui est nécessaire.

Par ailleurs, si tu effectues des mandats ou des missions tu sais à quel point il est important de rendre le travail photo attendu dans des délais courts mais sans concession sur la qualité. Bref, n’avoir d’un ordinateur c’est un peu comme n’avoir qu’un unique boîtier : tout reste possible mais au prix d’une réelle perte d’efficacité. Pour cette raison je propose ci-après un scénario technique et financier pour t’équiper d’une station dédiée à la post-production photo dont voici le cahier des charges :

  • un budget max. de 1’000€ par an sur 5 ans
  • un poste fixe mais compact
  • un écosystème complet (UC, écran, imprimante, logiciels, etc.)
  • peu de connaissances informatiques requises (c’est de la photo qu’on veut faire)
  • choix du système d’exploitation (macOS, Windows ou Ubuntu)

1) Le choix de la machine

À ma connaissance il n’existe pas de machine capable de recevoir indifféremment l’un des 3 OS sans devoir mettre (sérieusement) les mains dans la graisse, j’ai donc dû en sélectionner deux avec les pré-requis suivants :

  • écran(s) externe(s)
  • carte mère et CPU de même génération
  • encombrement et performances proches
  • mémoire, stockage et connectique équivalentes

Sur cette base et compte-tenu du budget, la seule machine éligible chez Apple est le Mac Mini qui, dans sa version haut de gamme, est taillé pour répondre aux besoins de post-production d’un photographe indépendant.

Le Mac Mini d'Apple Inc.

Le Mac Mini d'Apple Inc.

Par transposition des caractéristiques j’ai ensuite sélectionné la plate-forme NUC d’Intel pour Windows et Ubuntu et j'ai retenu le modèle le plus proche du Mac Mini (il faut savoir que la configuration des NUC se décline presque à l’infini).

Les utilisateurs de Windows pourront s’orienter vers une variante toute prête avec l’OS installée (bundle) et les utilisateurs d'Ubuntu pourront faire varier des constituants tout s’assurant que le BIOS du modèle retenu est compatible avec linux. Eh oui, à l’heure où l’homme sait envoyer des fusées vers Jupiter, Intel n’arrive toujours pas à fournir d’entrée un BIOS compatible linux, un obstacle purement technique j’imagine… ;-)

 

Le NUC 8v7PNK de Intel

Le NUC 8v7PNK de Intel

Chacun des deux fabriquants offrent la possibilité de configurer certains composants au moment de la commande, j’ai fait les choix arbitraires suivants :

  • prendre le CPU le plus performant (vitesse du post-traitement photo par lot)
  • SSD avec la capacité minimum proposée (512 Go). Pas la peine de «blinder», il faudra de toute façon des disques externes
  • RAM «normale» de 16 Go, largement suffisante pour l’activité photo

Avantages du Mac Mini : l’architecture CPU-GPU est plus performante, l’alimentation est intégrée, l’OS et la machine sont homogènes.

Avantages du NUC 8v7PNK : plus modulaire, offre 2x ports HDMI 2.0, l’OS est interchangeable.

Les prix publics TTC des configurations obtenues sont les suivants :

  • Apple = 1’800 €,
  • Windows = 1’250 €
  • Ubuntu = 1’110 €
Tableau comparatif des caractéristiques

Tableau comparatif des caractéristiques

2) Le choix du système d’exploitation

C’est un choix personnel (pour ne pas dire émotionnel) à l’instar du choix de la marque de boîtiers photos d’ailleurs. Réjouissons-nous qu’il existe un choix ! En ce qui me concerne après avoir utilisé macOS 25 ans à la maison et Windows au travail pendant 30 j’observe que depuis la version 18, Ubuntu propose une alternative vraiment crédible à ces deux OS pour les photographes non-informaticiens. Il existe de très nombreuses autres versions et distributions linux de qualité mais l’objet de cet article n’est pas de les passer en revue, chacun saura faire le choix qui lui convient. J’ouvre néanmoins une parenthèse polémique à l’égard de ceux qui défendent mordicus une distribution alternative, en leur demandant de s’assurer des points suivants :

  • pas besoin de faire du shell pour finaliser l’installation
  • la chaine couleur est gérée nativement et correctement
  • les softs dans les dépots sont à jour et les outils pré-installés (flathub store, etc.)
  • les pilotes et applis existent bien en version compilées (.deb, .rpm, autres)

3) Le choix des périphériques

  • Moniteur (700€)

Pour l’affichage il faut impérativement un moniteur conçu pour la fidélité du rendu des couleurs (99 % du gamut Adobe RVB 98, Delta E<2, 200cd/m² min., etc.), Une taille de 27" est confortable, par exemple le BenQ SW2700PT dont le rapport qualité/prix est excellent. Pour éviter de t’encombrer d’un second moniteur, je te recommande d’utiliser la fonction de bureaux virtuels que tous les OS proposent.

Moniteur BenQ SW2700PT

Moniteur BenQ SW2700PT

  • Imprimante (650€)

Pour le photographe indépendant la technologie jet d’encre s’impose, des 3 leaders que sont Canon, HP et Epson, ce dernier se démarque par des pilotes vraiment bien faits sur les 3 OS.

  • Divers (270€)

Un clavier, une souris, la connectique ad hoc et un autre accessoire indispensable : la sonde de calibration des couleurs X-Rite ou Datacolor. Ces derniers ne se sont pas donnés la peine de publier leur logiciel pour Ubuntu, il faudra installer couple ArgyllCMS + DisplayCAL qui remplace avantageusement les logiciels fournis (disponible aussi sur macOS et Windows).

4) Le stockage

Mettre en place une politique de stockage efficace est clé (et pas seulement pour l’activité photo). Elle doit doit être rapide : donc proivilégie l'USB 3.x à USB 2.0, en particulier pour l’import des photos depuis les cartouches ; sûre :  il faut multiplier les backups in situ et en déporté ; fiable : ton workflow doit systématiser les manips de sauvegarde pour t’éviter des erreurs quand par exemple il est 3h du mat’, que t’as pas dormi à cause du mandat photo qui s’est terminé tard et que le boulot est à rendre pour 8h demain :-) ; simple : quand ton OS ou ta base photo est «par terre», es-tu 100 % sûr de savoir restaurer le backup fait par l’appli propriétaire de l’OS qui t’as tout encodé, compressé, incrémenté et chiffré  ?

  • Le stockage local (460 €)

La fonction du disque du disque interne la machine c'est le travail courant, les données «archives» comme les RAW peuvent résider «ailleurs», sur un second disque interne par exemple. Je suggère un choix alternatif: l’achat d’un NAS comme le Synology DS220j. Une fois équipé d’une paire de SSD 1To en RAID1 (mirroring), tu disposes d’une plate-forme de stockage sûre, locale (via Ethernet), potentiellement distante (fonctions de cloud) et portable au cas où.

  • Le stockage mobile (120 €)

Deux disques durs externe 2.5’’ de 1To : un chez toi et un chez maman. Tu fais l’échange régulièrement selon le volume de mise à jour et en bonus tu visites la famille !

Je publierai un article complet sur cet aspect fondamental qu’est la configuration des équipements de stockage et la mise en place des procédures de sauvegarde.

5) Les logiciels

Alors là, je vais hausser le ton (si tant est que l’on puisse le faire à l’écrit) : LES ÉDITEURS NOUS VOLENT NOTRE PAIN ARTISTIQUE (c'est assez fort là ?). On est pas l’AFP, Keystone ou Capa ! Compte-tenu des performances des logiciels gratuits, je ne peux pas comprendre que l’on accepte de payer sauf à imaginer ne pas avoir essayé sérieusement les alternatives gratuites. Le magazine Compétence Photo n°76 y consacre 30 pages d’ailleurs. Cela dit ils ne sont donc pas totalement gratuit, ces logiciels reposent sur des petits groupes de développeurs non rémunérés par ce travail, c’est donc un juste retour de faire une donation financière en remerciement du service qu’il nous rendent.

Parmi ceux dont le besoin de logiciels propriétaires payants est avérés, j’ai noté deux «stars»  :

  • Lightroom + Photoshop Creative Cloud (144€ par an)
  • Photo Mechanics (135€ + màj payantes régulièrement publiées)

Comme logiciel alternatifs gratuits et multi-plateformes, je propose :

  • Darktable ou Rawtherapee
  • Gimp
  • Xnview
Estimation budgétaire des logiciels sur 5 ans

Estimation budgétaire des logiciels sur 5 ans

6) Conclusion

L’ensemble de la configuration matérielle varie de 3’300 € à 4’000 € et les solutions logicielles de 0 € à environ 930 € sur 5 ans. Rapportée au mois on obtient des mensualités entre 55 € et 82 €, c’est à dire une différence quinquénale qui va jusqu’à 1’628 € entre les deux extrêmes, de quoi se payer une belle focale ou compléter avec un laptop pour le terrain non ? À toi de voir, cet article n’a pas pour but d’orienter vers tel ou tel autre choix, l'aspect financier est important mais d'autres paramètres influent comme l'aisance avec un logiciel donné ou le soutien de proches dans l'utilisation avancée d'un OS. J'espère simplement avoir pu te donner des éléments factuels qui t'aideront à construire la station de post-prod photo dédiée qui conviendra à tes ambitions métier.

Crée ta station de post-prod photo et gagne en efficacité

PS: cet n'article n'a fait l'objet d'aucun sponsoring de marque dont le choix résulte uniquement de préférences personnelles.

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