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Publié par Franz

© Franz Photos.

© Franz Photos.

Contrairement à la musique ou aux films nos photos sont uniques et leur altération/disparition potentiellement catastrophique. Une photo numérique est encore plus exposée que son équivalent argentique car sujette à des manipulations fréquentes. La sauvegarde régulière des fichiers photos est donc essentielle, ci-dessous j’expose différentes méthodes de la plus économique à la plus sûre.

L’industrie conseille souvent d’adopter la règle « 3-2-1 », qui stipule que l'on doit avoir au moins trois copies des données, à savoir la copie originale des données de production et deux copies de sauvegarde. Cette règle signifie aussi que l'on doit disposer d’au moins deux types de supports différents pour stocker la copie des données, par exemple un disque local et un cloud. Enfin, l'on doit conserver au moins une sauvegarde hors ligne ou hors site ou dans un état immuable.

Pour une base photo est importante (plusieurs Go de données) et/ou pour une activité professionnelle, je te recommande de gérer les sauvegardes externes des photos séparément du reste des données, on peux ainsi différencier la fréquence de sauvegarde avec un surcoût budgétaire négligeable au regard des problèmes qui peuvent surgir et qui sont de deux ordres :

Risque #1 : La perte des fichiers

C'est le risque principal dont il faut se prémunir à 100 %. A l’instar des rouleaux de négatif, pouvoir repartir des originaux est un gage de sécurité aujourd’hui tout comme demain car dans 15 ans les capacités de post-traitement et de méta-marquage seront surement meilleures qu’aujourd’hui. Pour ma part je regrette de ne pas avoir conservé une copie RAW de mes photos lors des premières années «numériques» en 2004 et 2005… Les fichiers originaux doivent donc être stockés inchangés pour ne manipuler que des copies.

Risque #2 : L’altération des fichiers

Malgré l’archivage brut, le risque n'est pas nul car un certain nombre de manipulations restent indispensables et peuvent créer des problèmes, par exemple :

  • L'importation vers les dossiers originaux quelques milliers de photos issus du dernier mandat (ou safari) photos. Par malchance, suite à un reset l'un des boitiers n'était pas à la bonne année et les photos vont être éparpillées dans des dossiers existants contenant déjà des originaux. Problème approchant : la rentrée de vacances de l'autre bout du monde où l'on a oublié d'ajuster le décalage horaire sur les boîtiers,
  • L'ajout de dossiers de photos anciennes dont les exifs sont absents, inexacts ou encore issus de deux APN dont les numérotations se chevauchent,
  • La réorganisation de l'horodatage des noms de fichiers des originaux sur la date courante et non sur la date Exif,
  • L’erreur fatale du photographes fatigué par le mandat tout juste exécuté : la copie des répertoires dans le mauvais sens

Le vrai risque est de ne pas se rendre compte tout de suite de l’erreur, de faire une sauvegarde et donc de répercuter le problème sur les supports externes. Une solution consiste à effectuer des sauvegardes incrémentales mais ça complique la restauration. Autre possibilité : ne pas faire "tourner" trop vite les supports de sauvegarde externe pour augmenter les chance d'identifier le problème avant de le répercuter. Encore plus sûr : acheter un nouveau disque par an et y archiver une sauvegarde des années cumulées. Pour l'anecdocte, un de mes jobs d'étudiant en informatique à été de participer à la resaisie de 40'000 lignes de compta vérolées dans la base de données et malencontreusement copiées par écrasement sur toutes les sauvegardes, heureusement il restait les listing…

Le workflow des sauvegardes possibles

Le workflow des sauvegardes possibles

  • La sauvegarde temporaire

Cela consiste simplement à dupliquer les fichiers dans un autre répertoire. Cette pratique évite l’altération si l’application ou la machine plante, et permet un retour facile à la situation initiale lors de retouches irréversibles ratées ou de toute autre manipulation. Pour le travail sur un fichier unique, on peux aussi multiplier des sauvegardes en utilisant la fonction «sauver sous...» plutôt que «sauvegarder» pour faire varier le nom à chaque fois. Cette technique de sécurité est recommandée pour un travail s'étalant sur plusieurs jours ou en attente d'éléments complémentaires, c'est aussi une façon d'éviter les accidents si le fichier est manipulé avec un nouveau logiciel ou, plus rare, sa corruption au moment de la sauvegarde. L'important dans ce genre de manœuvre est de bien garder le fil dans l'évolution du nommage des fichiers pour être sûr de toujours manipuler la dernière version ; pour cela privilégier l'ajout d'un horodatage dans le nom de fichier plutôt qu'un simple incrément (ex : AAMMJJ – titre...), cela facilite la gestion des situations initialement évaluées provisoires qui finalement durent plus longtemps que prévu :-)

  • La sauvegarde locale simple

Si la machine dispose d'un second disque, il peut être mis à profit pour recevoir une sauvegarde partielle ou intégrale des photos (voire de la totalité des données). Dans ce cas de figure où la durée de vie de cette copie est courte, il est plus pratique d'utiliser l'outil système fourni comme «Deja Dup» sur Ubuntu (Sauvegarde), «Màj et sécurité» sur Windows ou «Time Machine» sur MacOS.

  • La sauvegarde locale sur NAS

La meilleure technique à ma connaissance : le NAS est un serveur de fichier qui joue le double rôle disque externe et de serveur cloud, on peux ainsi faire une sauvegarde à la vitesse d’un lien local et instantanément partager un dossier vers "le reste du monde" sans devoir le recopier vers un cloud. Je développerai ce thème lors d’un prochain sujet.

  • La sauvegarde externe simple

Une sauvegarde locale évite les catastrophes «informatiques» (comme une panne de disque dur) en permettant la restauration des données sur une nouvelle machine mais elle n'évite pas les catastrophes naturelles (incendie) ou humaines (cambriolage). Il faut donc également disposer d’une sauvegarde dans un endroit géographiquement séparé, chez un ami ou un parent par exemple. Il est important de chiffrer les données ainsi en cas de vol il n'y a pas de risque d'exploitation des photos ; autre élément important : utiliser un format de fichier polyvalent - par exemple FAT32 - qui est lu par tous les OS et éviter les format Ext4, NTFS ou HFS+ qui associent des droits à chaque fichier, ça complique la restauration si le contexte ou l'OS à changé sur la nouvelle machine. Éviter l'utilisation d'un outil de sauvegarde, formater le support externe puis copier directement chaque dossier photos, plus c'est simple mieux ça vieillit ! Dernier point : en copiant un répertoire, TOUS les fichiers s'y trouvant (y compris les fichiers cachés) sont sauvegardés, il n'est donc pas étonnant de voir des fichiers bizarres "apparaître" si le volume est monté ensuite avec un OS différent.

  • La sauvegarde externe doublée

L'inconvénient de la sauvegarde externe simple est que lors de chaque opération il faut se rendre 2 fois chez l'ami ou le parent qui héberge le support et durant le temps que prend cet aller-retour + sauvegarde, toutes les données se trouvent au même endroit au même moment, c'est un risque surtout si cela dure plusieurs jours. Cette lourdeur de manipulation peut avoir comme conséquence d'espacer les sauvegardes dans le temps voire de les rendre sporadiques donc le mieux est de disposer de 2 supports de sauvegarde externes que l'on intervertit, chaque déplacement devient alors unique puisqu'il s'agit d'un simple échange. Pour assurer un bon suivi dans le temps, une fois la sauvegarde effectuée, on peut ajouter au nom de chaque dossier racine un datage AAMMJJ et consigner dans un fichier texte brut (= .txt) les opérations de sauvegarde avec un petit rédactionnel détaillant d'éventuels points particuliers dont il faudrait se rappeler en cas de restauration.

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